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3 Jan 2013

Rétrospective 2012/Perspectives 2013


Une fois n'est pas coutume: c'est l'heure d'un tour d'horizon de toutes les merveilleuses choses qui se sont passées en 2012 (et il y en a beaucoup) avant de plonger dans le futur avec beaucoup d'impatience!

(c) Nassira Belmekki
Grosse année pour la sémillante Emilie : des collaborations de haut vol, des dates en série, une campagne de financement auprès des fans bouclée, un EP qui dépote fin prêt et une image au top !

Emilie et ses musiciens, Tony, David et Clément, nous ont régalé avec des lives explosifs tout en se faisant plaisir avec des 1ères parties prestigieuses et des dates en série de Lille à Marseille et Paris, couronnées par la participation au Festival du Pont du Gard (Lives au Pont) sur la même scène que Selah Sue, De La Soul, Breakbot et Birdy Nam Nam. Présence au top, public ravi : jugez par vous-mêmes.


Côté studio, l’EP « From Egg to Chick » a été finalisé grâce aux fonds récoltés auprès de toutes celles et ceux qui soutiennent Emilie depuis le début via une champagne Oocto (merci à Hugo, Maxime et Florian et leur formidable équipe au passage). Les 5 titres ont été enregistrés et mixés d'une main de maître avec l’aide de Nico au studio XXX à Marseille, toute l’image a été superbement réalisée par Clément Puig et David Job. L’ensemble est vraiment superbe, je suis incroyablement fière d’Emilie et toute l’équipe. On a terriblement hâte de vous dévoiler tout ça dans les semaines à venir dès qu’on pourra officiellement vous annoncer chez qui sortira l’EP…  Si vous piaffez d'impatience d'ici là, voici un premier extrait, « 4th Dimension » à écouter.


En parallèle, Emilie a collaboré sur divers side-projects de fort belle facture : en tant que membre du collectif de hip-hop La Fronce, elle a joué à la Machine du Moulin Rouge en mars et co-écrit un titre avec Dajaz  "Come Back" (à écouter ici). Elle aussi a co-écrit et interprété « Moment of Ease » sur "Noir", le nouvel album très  attendu en électro de l’incontournable Steve Bug, sorti le 1er octobre dernier sur son label Poker Flat Recordings. Enfin, depuis 3 ans, elle travaille sur le premier album du Webster Wraight Ensemble, projet monté par Charles Webster et Peter Wraight, dont elle a co-écrit et chanté 5 titres. Le projet sortira sur un label que j'aime tout particulièrement (mais qu'on ne peut pas encore nommer) en avril 2013 a priori, date précise à confirmer, vous serez bien évidemment tenus au courant.

En attendant, vous pouvez toujours écouter «One Two One Two This is a Test», l'émission radio d’Emilie, qui en est à sa 37ème édition après avoir passé le cap de sa 1ère année. La suite bientôt !

(c) Joseph Marconi
Dans le rush de la rentrée, je n’avais pas eu le temps de vous présenter plus que sommairement ce duo New-Yorkais que j’ai commencé à manager le 1er septembre dernier.

Jenny Deveau & Seth Misterka viennent tout droit de l’underground psychédélique de Brooklyn, où ils sont connus pour leurs lives survoltés et leurs propres soirées délirantes, «Newsonic», haut lieu de la fête ces 10 dernières années et qu'ils relancent le 1er mars prochain dans un grand élan de renouveau.

En quatre mois, nous n’avons pas chômé : synchro dans une pub Victoria’s Secret spéciale Thanksgiving, départ du label No Shame pour monter le propre label du groupe dans une "famille" indé absolument géniale, deal quasi finalisé chez un très bon éditeur à New York, sans compter de nombreuses dates de concert, dont les plus marquantes ont été celles de Burning Man (septembre), SantaCon (décembre) et CMJ (le marathon de musique et de concerts qui se tient à New York tous les ans en octobre), où ils ont joué 6 fois.


On a donc mis en place les bases d’une très belle année 2013 avec tout un tas d’annonces qu’on a hâte de pouvoir partager, surtout le nom de leurs futurs partenaires dans l’aventure de l’indépendance totale... Que du bon et beau, donc.

(c) Enzo Everbokeh
Le hasard fait quand même parfois très bien les choses. Surtout lorsqu'il est question de manager 4 garçons plein d'avenir qui font de la très très bonne musique. Et quand tout va très vite, c'est encore meilleur signe et j’en suis vraiment ravie.

Vous allez beaucoup entendre parler de Super Social Jeez en 2013 (si ce n’est pas déjà le cas - ils ont été finalistes de Paris Jeunes Talents 2012).

Les manoeuvres en coulisse ont déjà commencé, notamment pour savoir qui sortira leur EP (réalisé par Lucas Chauvière avec le soutien de Blackbird Entertainment). Il est prêt depuis cet été pour le plus grand plaisir de mes petites oreilles et bientôt des vôtres. Le premier titre « Things Went Down » a déjà plus de 33,000 vues sur Youtube sans promo ni rien. Checkez ça, ça va vous plaire.


Le groupe a joué pour le Téléthon en décembre et au China avant ça, en octobre et novembre, à chaque fois dans une salle pleine à craquer, que nos fringuants jeunes hommes ont tout particulièrement épatée avec des featurings surprise de leurs amis du S-Crew / l’Entourage & Deen Burbigo. Autre surprise au menu de leur dernier concert: un slam de Jeremy Kapone. [NDLR: ancien comparse de Sacha (chant) et Louis (basse et claviers) dans le groupe Kaponz & Spinoza - souvenez-vous, c’était dans le film « LOL » avec Christa Théret et Sophie Marceau]



Leur site internet n’est pas encore prêt mais vous pouvez les suivre sur Facebook et Twitter en attendant. Je ne dirai qu'une chose : Watch. This. Space.

(c) Mamoru Kobayakawa
Je vous avais prévenus que ces incroyables Québecois referaient rapidement parler d'eux, ça n’a pas loupé.
A peine 2 jours après avoir gagné le Félix du meilleur album Hip-Hop de l’année au Québec pour « Havre de Grâce » (date de sortie en France encore en suspens), ils sont revenus à Paris pour enflammer la scène des 3 Baudets dans le cadre du MaMA Festival en octobre (live report du Transistor ici).

"C'est le rap le plus foutraque et roboratif que nous a jamais envoyé le Canada. Imaginez une radio libre qui chanterait en français, en chiac et en acadien en mettant le bazar comme Arno et Katerine. Décapant."  L’Express ne s’y était pas trompé en listant le groupe dans les 10 artistes à suivre au MaMA. Nice, man.

Jacques et Gabriel (Alexandre ayant du rester au pays pour ce voyage) en ont profité pour nous chatouiller les oreilles avec leur délicieux accent et leur humour à toute épreuve dans les émissions radio sur les antennes de France Inter ("Trash Test"),  Radio Campus Paris ("Tempête Dans Un Verre D'Eau") et La Radio Suchard Libre ("Un Rocher Dans La Mare").


Le groupe devrait revenir en France en 2013 pour quelques dates clé et fêter la sortie de leur prochain album. Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment mais plus d’infos très bientôt, c’est promis.

(c) Arianne Dolby Speight
Je dois avouer que la sortie si attendue du mini-album du groupe ayant coïncidé avec l’annonce de leur séparation avait de quoi rendre ce 12 novembre un peu aigre-doux. C’est peut-être aussi pour cela que Michelle et Pete, qui restent en bons termes, avaient décidé d’offrir l’album en « pay-what-you-want » sur leur Bandcamp.

Noël est passé mais vous pouvez toujours vous faire plaisir. D'autant plus que les 7 titres de « Back To The Start » sont étrangement ambivalents. Aériens et intimes, aussi résolument tournés vers l’avenir qu’ils sont introspectivement nostalgiques.


Courant de l’été, le groupe avait signé deux deals avantageux avec de très bons éditeurs indépendants (Wonderlous pour les Etats-Unis et Source Music pour l’Australie et la Nouvelle Zélande) qui devaient être le prologue d’un set-up d’envergure menant à la signature en label. Ils en resteront plutôt l’épilogue. La bonne nouvelle: Wonderlous a proposé, malgré la séparation du groupe, d’étendre le deal à tous les pays du monde (sauf ceux déjà sous licence). Donc ces titres auront l’exploitation qu’ils méritent, et ça, c'est le plus important.

OK GO X LAVENDER DIAMOND = PARACADUTE
(c) OK Go & Chevrolet
RAS pour OK Go si ce n'est le clip extraordinaire qu'ils ont tourné pour "Needing/Getting" grâce au soutien de Chevrolet (et que vous pouvez revoir ici) a dépassé les 23 millions de vues et qu'ils sont actuellement en studio pour enregistrer leur quatrième album. Date de sortie encore à confirmer.

Cela ne veut pas dire pour autant que ses membres ont chômé entre temps: Timothy Nordwind a sorti son side-project PYYRAMIDS. De son côté, Damian Kulash a co-réalisé le tout dernier album de Lavender Diamond, qui est sorti en novembre dernier sur Paracadute, le label d'OK Go, via Naïve en France. 
La voix de Becky Stark et les mélodies qu'elle compose sont tout à fait addictives et les visuels les accompagnant sont toujours d'une incomparable grâce. L'une des chansons de l'album d'ailleurs, "Oh My Beautiful World" fait partie du top 10 de 2012 de Manish Raval, music supervisor pour les séries US "Girls", "Community" et "New Girl". Joli.

Il y a beaucoup à dire mais si on devait commencer par le plus visible, alors parlons de mes 'speaking engagements':

- Le Midem, tout d'abord, pour qui j’ai continué à bloguer cette année avec 3 nouveaux articles que vous pouvez lire ici. Et je suis invitée cette année encore en tant que speaker pour deux conférences, le 26 et le 29 janvier respectivement. Pour celles et ceux qui y seront, je posterai les horaires exacts lorsque le programme sera définitif.

- La Sorbonne, où je continue d’intervenir 2 fois par an dans le cours de Licence et Master d’Olivier Julien et on vient de me proposer une conférence supplémentaire pour des étudiants en Master Gestion et Administration de la Musique en avril prochain. Celle-ci aura a priori pour thème « An insider's view of a changing ecosystem: the music industry circa 2005 ». J’ai bien hâte.

Quelques nouveautés aussi, côté publishing. Je continue toujours de travailler les merveilleux catalogues de Xeum et Mlle Sane ainsi que celui, grandissant, d’Emilie Chick. Je vais également bientôt dévoiler une liste de compositeurs avec lesquels je collabore plus ponctuellement pour des projets atypiques mais bien précis. J'ai un objectif de diversification dont je vous parlerai prochainement… Désolée si ça reste encore un peu mystérieux mais c'est pour que le résultat soit du meilleur effet.

Attendez-vous aussi au retour d'une soirée "Unicum & Friends". Après le succès de la première qui avait eu lieu à l'International le 29 avril dernier, (Carosel, Mlle Sane et Emilie Chick étaient à l'affiche et la soirée s'était terminée sur un parfait DJ set d'Anders du Mellotron), je compte bien en refaire une en 2013, avec un line-up tout aussi bon. A suivre...

Enfin, avec Maud de La Bise Fraîche, on a décidé de s'associer pour monter une petite agence toute légère (mais fort efficace) que nous lancerons courant du mois de janvier. On nous a toutes les deux fréquemment demandé des conseils sur les réseaux sociaux ainsi que la présence d'artistes et/ou de marques sur les internets, il y a donc fort à faire. Plus d'infos très bientôt.

J'ai aussi mes activités parallèles ici et , mais c'est encore autre chose et elles n'ont pas vocation a être abordées plus que cela ici.

Voilà, donc. Une année fort riche se termine, la suivante s'annonce trépidante

J'ai bien de la chance de travailler avec des artistes aussi talentueux qui s'avèrent être de vraies crèmes au quotidien.

MERCI et VIVE EUX!  

22 Aug 2012

Idiotie #4 or Just a thought...

This is a little stream of consciousness I wrote down upon waking up one morning a good eight months ago. Many things have changed since in the industry, but as I stumbled upon it tonight I thought I might as well post it. The metaphor still seems valid on some points to me. Thoughts?

I believe there will always be value in creation. What is constantly changing is the place along the line of the creative process where it sits and gets monetised. Conception? Production? Commercialisation? Derivatives? Patents & rights?

Applied to the music industry, it is like a planet with its satellites. The artist is the planet at the centre of the universe and the satellites revolving around it are the artist's differents outlets and revenue streams. Some satellites are well know to us: albums, live shows, publishing rights, synch rights, apps, merchandising etc... If you look at the existing satellites, some are bigger than others. Some satellites have not been discovered yet.. but the researchers on the artist planet are investing time and money to find them. 

Problems start when a satellite gets so big that it convinces itself and researchers it is the real (new) centre of the universe and hence starts acting in a way that the population on the artist planet as well as all the smaller satellites believe they are doomed without it. It starts making unreasonable demands. Accentuates its leading position. The artist planet and the other satellites hand the big satellite the driving wheel. 

Nearly the whole artist population actually left their planet at one point to go and live on the big satellite, moving all their stuff there. But the whole universe forgot that they could only live as long as the artist planet was healthy enough to continue feeding its satellites. Even the biggest one.

One day though, something went terribly wrong. Noone realised it at first but the big satellite created a monster that transformed into a meteor that came back to hit them hard. So hard that the big satellite started dying.

Panic across the universe. Apocalyptic prophecies. For too long, the universe was over-dependent on the biggest satellite. To the point when change was needed, they were all completely at loss as to what to do.

So everyone in the universe started running frantically around claiming they'd found the solution. They'd select some short-term criteria and based on that, decide which satellite was the best/healthiest for everyone to move there! It sounded great, but it was only moving the problem to a different place and not learning from their initial mistakes.

Satellites appear and die. They are necessary to the artist planet but with it, they also dwindle. The temptaion to consider a temporary state of affairs (and rapports de force) as permanent is understandably strong indeed and can work in the short term. But when change comes along, the cracks appear fast. This is what happened with albums, this is what started happen with live shows, ringtones, this is what could happen with publishing rights, apps, streaming etc...

Even if it is understandable, we tend to consider what was valid and worked for our parents' generation could also work for ours. But because of this generational habit and bias, we forget how vital it is that the centre of the universe stay the artist's planet. Like a radar control tower, artists can and should monitor what revenue streams/satellites they want/need to priviledge at a particular moment of their career to continue creating.

The day the frame of mind migrates to one of these satellites, the artist planet and the whole universe around it changes its axis as well as its approach to discovering new satellites for future survival...is this really a good thing?

Then again, things are changing faster than we know. I guess it's more of a case of each and everyone of us adapting to each artist's situation and keeping an open mind rather than fixating on finding the one business model for all. Time will tell...

26 Jun 2012

Qu'est-ce qu'un bon manager?

L'excellente Charlotte Benoît de Confilktarts et Hearty Music m'a récemment très gentiment demandé si je voulais bien rédiger un billet sur ce sujet. C'est vrai qu'il n'est jamais vraiment abordé et que c'est une vraie question pour nombre d'artistes. Une version courte de ce billet est disponible sur le site de Confliktarts ICI. Pour la version longue, c'est ci-dessous. Bonne lecture...!

1. Qu’est-ce qu’un manager d’artiste et qu’attendre de lui/elle?
La question est moins évidente qu’il n’y paraît. Beaucoup d’artistes ont encore tendance à confondre le rôle d’un manager avec celui de soutien psychologique / ami / personne-à-tout-faire taillable et corvéable à merci.

Or le/la manager est un partenaire professionnel à part entière, dont le métier et l’objectif est d’accompagner l’artiste dans le développement et la gestion de sa carrière. Il/elle vit d’un % sur les revenus professionnels de l’artiste.

Cet accompagnement concerne aussi bien la définition de la stratégie pour le projet de l’artiste que celle de son positionnement, le choix et le lien au quotidien avec ses partenaires (label, tourneur, éditeur etc…), son image, la relecture de ses contrats, la gestion de ses priorités etc… C’est à la fois le/la chef d’orchestre de la carrière de l’artiste et sa tour de contrôle pour en assurer le suivi.

Il faut savoir que le/la manager a une obligation de moyens et non de résultat et ne peut être obligé/e de travailler exclusivement au service d’un seul artiste.

L’intérêt d’un/e manager se confond avec le vôtre. Il/elle croit forcément en vous s’il/elle a décidé de vous représenter, mais n’a aucun intérêt à vous flatter. Au contraire, il /elle est la première personne à devoir vous dire les choses franchement et vous faire part de ses objections le cas échéant de manière objective et argumentée. Il faut évidemment être à l’écoute de ce qu’il/elle vous dit et être prêt à l’entendre. La réciproque vaut aussi bien sûr.

Enfin, s’il est important que le/la manager soit transparent/e en rendant régulièrement compte de son action, il ne faut pas basculer dans la situation inverse où il/elle se sent obligé/e de se justifier en permanence auprès de l’artiste.

2. A quel moment dois-je chercher un/e manager ?
Il faut tout d’abord que vous vous inscriviez clairement dans une logique professionnelle. Si c’est pour jouer une fois de temps en temps avec vos amis, c’est une perte de temps et d’argent pour tout le monde.

De manière générale, vous prenez un risque à ne pas avoir de manager à partir du moment où un partenaire (label, tourneur ou autre) vous propose de signer un contrat. Il y a certes de nombreux cas de figures différents et vous pouvez toujours aller voir un avocat spécialisé pour discuter d’une proposition de contrat, mais l’intérêt d’un/e manager ne se limite pas à cela. Il/elle va aussi vous aider à faire le point, préciser votre projet artistique et professionnel à court, moyen et long terme et, en fonction de cela, vous conseiller sur les suites à donner à ces offres et vous aider à définir vos priorités et un calendrier.

3. Comment choisir un manager ?
Demandez autour de vous, consultez l’officiel de la musique, regardez un peu qui manage des groupes dont vous admirez la carrière ou ont récemment développé leur carrière comme vous souhaiteriez le faire pour vous-même.

Un/e manager ne peut pas avoir plus d’ambition pour vous que vous-même. Il faut donc bien vous connaître : quelles sont vos aspirations, forces, faiblesses, limitations ? …Et de vous accepter tel/le que vous êtes : c’est le point de départ pour une relation saine entre artiste et manager. Soyez lucide et honnête avec vous-même sur vos attentes professionnelles.

- Quelles sont vos priorités ? Faire des concerts avant tout ? Passer à la télévision ? Vendre beaucoup de disques ? Etre reconnu(s) à titre posthume seulement ?

- Etes-vous véritablement prêt à faire confiance à un tiers et allez-vous accepter de lui déléguer la gestion et le relationnel avec les professionnels de l’industrie?

4. Qu’est-ce qu’un/e bon/ne manager ?
Chaque manager a sa personnalité et son expérience propres mais il y a des caractéristiques communes.
C’est quelqu’un qui comprend votre univers musical ainsi que votre démarche artistique et vous explique clairement en amont comment il/elle entend développer votre carrière.

C’est aussi quelqu’un qui, malgré le mandat que vous lui avez donné, vous fait valider toutes les demandes vous concernant avant des les approuver auprès d’un tiers (image, contrats, messages, interviews etc…).

Autre point important, c’est quelqu’un qui vous dit les choses franchement (agréables ou non) en ayant toujours en ligne de mire votre intérêt d’artiste avant tout ; quelqu’un qui donne systématiquement des conseils de manière argumentée et rationnelle.

Une chose que l’on entend souvent c’est l’utilisation de la notion de « confiance ». Chantage à la confiance, liens d’amitiés ou de famille parfois. C’est très sensible. Pour moi les choses sont très claires : la relation artiste-manager est et reste avant tout d’ordre professionnel. Bien sûr qu’elle doit être courtoise, cordiale et respectueuse, mais l’amitié n’est pas un pré-requis, au contraire. Si des liens amicaux se tissent au cours de la collaboration, c’est une chose tout à fait heureuse, mais les deux parties ne doivent jamais perdre de vue que la raison d’être de leur coopération est prioritairement professionnelle. C’est pourquoi je ne peux que recommander de contractualiser la collaboration artiste-manager le plus tôt possible, histoire que tous les points de discorde potentielle aient été envisagés en amont et des solutions prévues par écrit pour les résoudre, notamment financières. D’expérience, les discussions autour du contrat permettent dans la majorité des cas de voir 1/ si les deux parties sont sérieuses dans leur désir de travailler ensemble 2/ comment les deux parties dialogueront en cas de désaccord ! Bien évidemment, n’hésitez pas à faire relire la proposition de contrat soumise par votre potentiel/le manager par une tiers (avocat / autre).

Enfin, si à un moment donné l’artiste ou le manager sent que la confusion s’installe (avant ou après contractualisation, cela peut arriver après des mois ou des années de travail commun), et que certaines décisions de l’artiste ou conseils du ou de la manager ne sont plus motivées par des arguments très objectifs mais au contraire éminemment personnels (cliques, loyautés, conflit d’intérêts…), il faut absolument en parler, quitte ensuite à prendre acte de ce changement de contexte pour redresser la barre ou aller jusqu’à envisager l’arrêt de la collaboration avant qu’elle ne devienne toxique.

5. Comment les managers choisissent-ils les artistes de leur côté ?
Comme chaque manager est différent, je ne parlerai ici qu’à titre personnel : lorsqu’un artiste ou groupe me demande de les manager, je vais d’abord écouter ce qu’il/s fait/font. Je ne suis pas obligée d’être ultra-fan, mais je dois au moins savoir si je comprends l’univers de l’artiste et me faire une idée de son potentiel.

Je regarde aussi attentivement toutes les choses que l’artiste aurait déjà faites pour lancer sa carrière, s’il/elle est motivé/e et prêt/e à travailler dur pour avancer.

Toute cela me donne assez rapidement une idée précise de stratégie / angle / histoire autour de laquelle je voudrais construire leur carrière.

Enfin, il est très primordial pour moi que l’artiste envisage la relation avec son/sa manager de manière ultra-saine : en comprenant qu’il n’y a pas de hiérarchie – au contraire, la collaboration doit fonctionner comme un tandem super équilibré. Chacun son rôle et son métier, chacun ses compétences et son savoir-faire pour avancer dans la même direction, toujours au service de la vision de l’artiste.

6. Quelles sont les raisons qui poussent un/e manager à ne pas travailler avec un artiste ?
[Encore une fois, je ne peux parler que pour mon cas ici.] Parfois, je vois clairement le potentiel, mais je m’abstiens.

Soit  parce que je ne considère pas être la personne la mieux placée pour les aider : il me manque le réseau, les connections dans leur milieu musical ou je n’en ai pas les codes ou la culture.

Soit parce que j’estime que c’est encore trop tôt et que le groupe n’est pas prêt : l’artiste a encore trop  de choses à régler avec lui/elle-même ou n’a pas réfléchi plus loin que son envie de faire de la musique et enregistrer un album. Ca reste trop vague. Le plus rédhibitoire est le cas de figure où il apparaît clairement que les attentes de l’artiste en termes de réussite professionnelle ou de délai pour réussir ne sont pas réalistes. C’est souvent un symptôme d’une conception immature du rôle du manager, qui est tout sauf démiurge ou magicien, ou encore de la réalité de notre industrie, une carrière ne s’est jamais construite du jour au lendemain, et c’est encore plus valable aujourd’hui.

7. Comment être sûr/e d’avoir choisi la bonne personne ?
Le choix d’un/e manager n’est que semi-rationnel. Sur le papier, plusieurs managers pourront être tout aussi qualifiés les uns que les autres pour gérer votre carrière. Après, c’est aussi une question de personnalité et si vous envisagez  le développement de votre carrière de la même manière que lui ou elle. C’est loin de toujours être le cas.

A compétences égales, à chaque manager son style. C’est tout l’intérêt de notre métier ! C’est la personne que vous choisissez, pas seulement son CV.

N’hésitez pas à demander un RV et discuter de cela. Suivez votre instinct aussi. Un conseil universel cela dit : évitez les personnes qui promettent trop et trop vite. Ou qui vous demandent d’emblée plus de droits. Si vous vous sentez brusqués, n’y allez surtout pas.

17 Apr 2012

Long time no speak! Catch up session at the "Unicum & Friends" party!

Times flies, so much has happened these last 3 months.
No time to say more just quite yet, so let's catch up at L'International in Paris on April 29th for our very own "Unicum & Friends" party: EXCITED!
Entrance is free / All details in the interactive flyer below - See ya! xx

22 Dec 2011

Bilan 2011...

Ahhh c'est l'heure du bilan annuel. ...Et il s'en sont passées des choses chez Unicum!

On vous l'avait annoncé lors du Bilan 2010 déjà mais l'année a tenu ses promesses et plus encore pour Emilie.
(c) Clément Puig - Tous droits réservés
Sa discographie s'est enrichie d'un Live à Radio France (mai 2011), d'un EP supplémentaire (juin 2011) avec des remixes de DJ Mr FishDOTSenbeïCharles Webster et Silent Frequencies, et d'une collaboration ("Red Shoes" en septembre 2011) avec le groupe de DJs producteurs électro italiens Useless Wooden Toys (UWT) signés chez EMI Italie et qui sortaient leur premier album.

Le live s'est développé avec le soutien de 4 structures dans le sud de la France qui se sont unies pour accompagner le projet d'Emilie: les salles de La Gare de Coustellet (Maubec) et l'Akwaba (Châteauneuf-de-Gadagne) et les associations Freesons et UDCM. Une résidence de pré-production a déjà eu lieu à La Gare en octobre et a été suivie d'un concert de fin de résidence. Une deuxième résidence, soit technique, soit de création est prévue pour le printemps 2012.

Les dates ont commencé à tomber plus régulièrement et surtout à partir de septembre, Emilie et son groupe au grand complet ont joué en moyenne 2 dates par mois grâce, notamment, au grand nombre de promesses d'engagement récoltées dans le cadre du réseau Trema PACA. Pour couronner le tout, Emilie Chick a été pré-sélectionnée pour le Printemps de Bourges, et quoiqu'il en soit par la suite, l'année à venir s'annonce radieuse avec une dizaine de dates déjà prévues jusqu'en juin 2012.

Une anecdote? Emilie a lancé une mini-émission hebdomadaire de radioil y a un mois maintenant, qu'elle met en ligne sur son site tous les vendredis pour partager avec ses fans ses coups de coeur musicaux du moment: ses influences étant très diverses, vous êtes sûrs d'être surpris. Le programme s'appelle "One Two One Two This Is A Test" en hommage à... Norman Fait Des Vidéos (parce qu'"il est juste trop cute et super funny"). 


Mais le gros chantier de 2012 sera la finalisation du prochain album. L'importance croissante du live a renforcé la grande complicité entre Emilie et ses musiciens, au point que Clément Préteux (claviers) a commencé à ré-arranger quelques titres pour le live et son influence transparaît sur les nouveaux morceaux en création - que du bon! Du coup, la couleur musicale du projet a beaucoup évolué: d'un univers électro hip-hop le son "Emilie Chick" mue progressivement vers la soul, le groove et le jazz avec une touche plus organique, sans samples, juste du live et de la sueur. Si vous voulez découvrir ce que ça donne, c'est par ici...



Nouveau son, nouvelle image, nouveau cap : 2012 s'annonce encore plus incroyable pour Emilie Chick que 2011 ne l'a été, affaire à suivre...


Carosel (c) Tous droits réservés
C'est par un heureux concours de circonstances que j'ai rencontré Michelle et Pete au Midem en janvier dernier. Respectivement interprète et musicien, tous deux auteurs-compositeurs et arrivés d'Irlande il n'y a pas si longtemps après avoir sorti un premier album acclamé par la critique et fait toutes les émissions télé et radio du pays, ils ont pris leur courage à deux mains pour venir à Paris alors qu'il ne parlaient pas un traître mot de français et que Londres aurait été plus facile.

Leur musique est un savant mélange de pop et de folk, de joyeuse naïveté et de profondeur, qui fait le bonheur de nos petites oreilles et auquel je crois beaucoup. En se finançant tous seuls, ils ont sorti "Star" un premier EP de 4 titres en février dernier avec de bons retours médias, dont France Culture, FIP et Virgin Radio et quelques jolies coupures de presse (Le Nouvel Obs, Rolling Stone France, Voxpop...)., ainsi qu'un très joli clip tourné sur les toits de Paris pour "I'm sorry".



Quelques unes de leurs chansons ont aussi été synchronisées à l'étranger (Corée du Sud, Australie, Norvège...) dans des films, des publicités et des séries télévisées.

Depuis cet été, ils travaillent d'arrache-pied sur leur prochain album, qui marque un tournant vers un univers plus intense, plus sombre et intimiste. Vous pouvez suivre tout cela au quotidien via leur blog. La moitié de l'album est déjà enregistré, les 4 premiers titres seront mixés en janvier par Ben Hillier (Blur, Villagers, Patrick Wolf...) et Thom Monahan (Fujiya & Miyagi, Au Revoir Simone, Vetiver, Devendra Banhart...).

L'objectif sera de lever des fonds supplémentaires à la rentrée via une à deux plateformes de crowdfunding que nous avons rencontrées déjà, plus d'infos à venir...

Côté scène, c'est la jeune (et très efficace) agence de booking La Bise Fraîche qui s'occupe du groupe depuis quelques mois à peine, avec déjà 5 dates à Paris et Bordeaux entre le 4 janvier et le 10 février 2012.

La grande et bonne nouvelle de cette fin d'année pour Carosel est que le Midem invite Michelle en tant que "speaker" à la toute première conférence de l'édition à venir pour partager son expérience en Direct to fan avec le public!

Pour fêter tout cela, le groupe vient de mettre en ligne une jolie reprise de "Merry Christmas Everybody" de Slade à l'origine. ...C'est vraiment Noël, n'est-ce pas?



OK GO
OK Go & le Président Barack Obama
Quant à OK Go, je vous ai déjà largement abreuvés de leur actualité tout au long de l'année, donc l'idée est de vous épargner en allant directement à l'essentiel. 

Pour faire simple, ils ont:
- été invités par le Président des Etats-Unis Barack Obama pour chanter à ses 50 ans,

- sorti un clip en HTML5 en collaboration avec la compagnie de danse moderne Pilobus sur "All is not lost"  dont tout le monde a parlé et qui est en lice pour un Grammy,

- signé le générique de "POM Wonderful presents: The greatest movie ever sold", le dernier film de Morgan Spurlock ("Supersize me")...et dont on apprend aujourd'hui qu'il est éligible pour un Oscar.                                                ...A part ça, je vous rassure: ils vont très bien!

UNICUM
Laurie Darms - Mademoiselle Sane - Radio Radio
Donc nous n'avons pas chômé chez Unicum et ce n'est pas fini!
Nous avons commencé à travailler avec la jeune et talentueuse Laurie Darms dont nous reparlons bientôt.
Nous avons également poursuivi notre collaboration avec l'inénarrable et délicieuse Mademoiselle Sane qui a beaucoup joué cette année, sans parler en détail de Xeum qui a sorti de très beaux EPs et remixes sur Leonizer Records (mon préféré: son remix de "Scandale Vandale" par Gachette of the Mastiff). Enfin, une nouvelle collaboration s'annonce prometteuse avec les incroyables Québecois Radio Radio qui nous font le plaisir de nous confier le management délégué pour la France et la Belgique en 2012!

Une dernière bonne nouvelle à partager avec vous: je suis ravie et honorée que le Midem m'ait invitée à bloguer pour eux cette année. Vous pouvez retrouver mon premier billet ici et ma toute première apparition en vidéo là. D'autres sont à suivre. En parallèle, je donne toujours mon cours à la Sorbonne deux fois par an sur une "Initiation au droit d'auteur, application pratique et perspectives d'évolution" aux étudiants de Licence et Master en Musicologie.

Version animée en HTML5: http://goo.gl/aKQGW
Je conclurais ce bilan 2011 en rappelant tout simplement que notre devise chez Unicum n'a pas bougé d'un iota: nos artistes sont Uniques et font notre fierté. Ils sont le coeur et le point de départ de tout pour nous: métier et passion compris. 

BONNES FETES A TOUS ET VIVE 2012!