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3 Jan 2013

Rétrospective 2012/Perspectives 2013


Une fois n'est pas coutume: c'est l'heure d'un tour d'horizon de toutes les merveilleuses choses qui se sont passées en 2012 (et il y en a beaucoup) avant de plonger dans le futur avec beaucoup d'impatience!

(c) Nassira Belmekki
Grosse année pour la sémillante Emilie : des collaborations de haut vol, des dates en série, une campagne de financement auprès des fans bouclée, un EP qui dépote fin prêt et une image au top !

Emilie et ses musiciens, Tony, David et Clément, nous ont régalé avec des lives explosifs tout en se faisant plaisir avec des 1ères parties prestigieuses et des dates en série de Lille à Marseille et Paris, couronnées par la participation au Festival du Pont du Gard (Lives au Pont) sur la même scène que Selah Sue, De La Soul, Breakbot et Birdy Nam Nam. Présence au top, public ravi : jugez par vous-mêmes.


Côté studio, l’EP « From Egg to Chick » a été finalisé grâce aux fonds récoltés auprès de toutes celles et ceux qui soutiennent Emilie depuis le début via une champagne Oocto (merci à Hugo, Maxime et Florian et leur formidable équipe au passage). Les 5 titres ont été enregistrés et mixés d'une main de maître avec l’aide de Nico au studio XXX à Marseille, toute l’image a été superbement réalisée par Clément Puig et David Job. L’ensemble est vraiment superbe, je suis incroyablement fière d’Emilie et toute l’équipe. On a terriblement hâte de vous dévoiler tout ça dans les semaines à venir dès qu’on pourra officiellement vous annoncer chez qui sortira l’EP…  Si vous piaffez d'impatience d'ici là, voici un premier extrait, « 4th Dimension » à écouter.


En parallèle, Emilie a collaboré sur divers side-projects de fort belle facture : en tant que membre du collectif de hip-hop La Fronce, elle a joué à la Machine du Moulin Rouge en mars et co-écrit un titre avec Dajaz  "Come Back" (à écouter ici). Elle aussi a co-écrit et interprété « Moment of Ease » sur "Noir", le nouvel album très  attendu en électro de l’incontournable Steve Bug, sorti le 1er octobre dernier sur son label Poker Flat Recordings. Enfin, depuis 3 ans, elle travaille sur le premier album du Webster Wraight Ensemble, projet monté par Charles Webster et Peter Wraight, dont elle a co-écrit et chanté 5 titres. Le projet sortira sur un label que j'aime tout particulièrement (mais qu'on ne peut pas encore nommer) en avril 2013 a priori, date précise à confirmer, vous serez bien évidemment tenus au courant.

En attendant, vous pouvez toujours écouter «One Two One Two This is a Test», l'émission radio d’Emilie, qui en est à sa 37ème édition après avoir passé le cap de sa 1ère année. La suite bientôt !

(c) Joseph Marconi
Dans le rush de la rentrée, je n’avais pas eu le temps de vous présenter plus que sommairement ce duo New-Yorkais que j’ai commencé à manager le 1er septembre dernier.

Jenny Deveau & Seth Misterka viennent tout droit de l’underground psychédélique de Brooklyn, où ils sont connus pour leurs lives survoltés et leurs propres soirées délirantes, «Newsonic», haut lieu de la fête ces 10 dernières années et qu'ils relancent le 1er mars prochain dans un grand élan de renouveau.

En quatre mois, nous n’avons pas chômé : synchro dans une pub Victoria’s Secret spéciale Thanksgiving, départ du label No Shame pour monter le propre label du groupe dans une "famille" indé absolument géniale, deal quasi finalisé chez un très bon éditeur à New York, sans compter de nombreuses dates de concert, dont les plus marquantes ont été celles de Burning Man (septembre), SantaCon (décembre) et CMJ (le marathon de musique et de concerts qui se tient à New York tous les ans en octobre), où ils ont joué 6 fois.


On a donc mis en place les bases d’une très belle année 2013 avec tout un tas d’annonces qu’on a hâte de pouvoir partager, surtout le nom de leurs futurs partenaires dans l’aventure de l’indépendance totale... Que du bon et beau, donc.

(c) Enzo Everbokeh
Le hasard fait quand même parfois très bien les choses. Surtout lorsqu'il est question de manager 4 garçons plein d'avenir qui font de la très très bonne musique. Et quand tout va très vite, c'est encore meilleur signe et j’en suis vraiment ravie.

Vous allez beaucoup entendre parler de Super Social Jeez en 2013 (si ce n’est pas déjà le cas - ils ont été finalistes de Paris Jeunes Talents 2012).

Les manoeuvres en coulisse ont déjà commencé, notamment pour savoir qui sortira leur EP (réalisé par Lucas Chauvière avec le soutien de Blackbird Entertainment). Il est prêt depuis cet été pour le plus grand plaisir de mes petites oreilles et bientôt des vôtres. Le premier titre « Things Went Down » a déjà plus de 33,000 vues sur Youtube sans promo ni rien. Checkez ça, ça va vous plaire.


Le groupe a joué pour le Téléthon en décembre et au China avant ça, en octobre et novembre, à chaque fois dans une salle pleine à craquer, que nos fringuants jeunes hommes ont tout particulièrement épatée avec des featurings surprise de leurs amis du S-Crew / l’Entourage & Deen Burbigo. Autre surprise au menu de leur dernier concert: un slam de Jeremy Kapone. [NDLR: ancien comparse de Sacha (chant) et Louis (basse et claviers) dans le groupe Kaponz & Spinoza - souvenez-vous, c’était dans le film « LOL » avec Christa Théret et Sophie Marceau]



Leur site internet n’est pas encore prêt mais vous pouvez les suivre sur Facebook et Twitter en attendant. Je ne dirai qu'une chose : Watch. This. Space.

(c) Mamoru Kobayakawa
Je vous avais prévenus que ces incroyables Québecois referaient rapidement parler d'eux, ça n’a pas loupé.
A peine 2 jours après avoir gagné le Félix du meilleur album Hip-Hop de l’année au Québec pour « Havre de Grâce » (date de sortie en France encore en suspens), ils sont revenus à Paris pour enflammer la scène des 3 Baudets dans le cadre du MaMA Festival en octobre (live report du Transistor ici).

"C'est le rap le plus foutraque et roboratif que nous a jamais envoyé le Canada. Imaginez une radio libre qui chanterait en français, en chiac et en acadien en mettant le bazar comme Arno et Katerine. Décapant."  L’Express ne s’y était pas trompé en listant le groupe dans les 10 artistes à suivre au MaMA. Nice, man.

Jacques et Gabriel (Alexandre ayant du rester au pays pour ce voyage) en ont profité pour nous chatouiller les oreilles avec leur délicieux accent et leur humour à toute épreuve dans les émissions radio sur les antennes de France Inter ("Trash Test"),  Radio Campus Paris ("Tempête Dans Un Verre D'Eau") et La Radio Suchard Libre ("Un Rocher Dans La Mare").


Le groupe devrait revenir en France en 2013 pour quelques dates clé et fêter la sortie de leur prochain album. Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment mais plus d’infos très bientôt, c’est promis.

(c) Arianne Dolby Speight
Je dois avouer que la sortie si attendue du mini-album du groupe ayant coïncidé avec l’annonce de leur séparation avait de quoi rendre ce 12 novembre un peu aigre-doux. C’est peut-être aussi pour cela que Michelle et Pete, qui restent en bons termes, avaient décidé d’offrir l’album en « pay-what-you-want » sur leur Bandcamp.

Noël est passé mais vous pouvez toujours vous faire plaisir. D'autant plus que les 7 titres de « Back To The Start » sont étrangement ambivalents. Aériens et intimes, aussi résolument tournés vers l’avenir qu’ils sont introspectivement nostalgiques.


Courant de l’été, le groupe avait signé deux deals avantageux avec de très bons éditeurs indépendants (Wonderlous pour les Etats-Unis et Source Music pour l’Australie et la Nouvelle Zélande) qui devaient être le prologue d’un set-up d’envergure menant à la signature en label. Ils en resteront plutôt l’épilogue. La bonne nouvelle: Wonderlous a proposé, malgré la séparation du groupe, d’étendre le deal à tous les pays du monde (sauf ceux déjà sous licence). Donc ces titres auront l’exploitation qu’ils méritent, et ça, c'est le plus important.

OK GO X LAVENDER DIAMOND = PARACADUTE
(c) OK Go & Chevrolet
RAS pour OK Go si ce n'est le clip extraordinaire qu'ils ont tourné pour "Needing/Getting" grâce au soutien de Chevrolet (et que vous pouvez revoir ici) a dépassé les 23 millions de vues et qu'ils sont actuellement en studio pour enregistrer leur quatrième album. Date de sortie encore à confirmer.

Cela ne veut pas dire pour autant que ses membres ont chômé entre temps: Timothy Nordwind a sorti son side-project PYYRAMIDS. De son côté, Damian Kulash a co-réalisé le tout dernier album de Lavender Diamond, qui est sorti en novembre dernier sur Paracadute, le label d'OK Go, via Naïve en France. 
La voix de Becky Stark et les mélodies qu'elle compose sont tout à fait addictives et les visuels les accompagnant sont toujours d'une incomparable grâce. L'une des chansons de l'album d'ailleurs, "Oh My Beautiful World" fait partie du top 10 de 2012 de Manish Raval, music supervisor pour les séries US "Girls", "Community" et "New Girl". Joli.

Il y a beaucoup à dire mais si on devait commencer par le plus visible, alors parlons de mes 'speaking engagements':

- Le Midem, tout d'abord, pour qui j’ai continué à bloguer cette année avec 3 nouveaux articles que vous pouvez lire ici. Et je suis invitée cette année encore en tant que speaker pour deux conférences, le 26 et le 29 janvier respectivement. Pour celles et ceux qui y seront, je posterai les horaires exacts lorsque le programme sera définitif.

- La Sorbonne, où je continue d’intervenir 2 fois par an dans le cours de Licence et Master d’Olivier Julien et on vient de me proposer une conférence supplémentaire pour des étudiants en Master Gestion et Administration de la Musique en avril prochain. Celle-ci aura a priori pour thème « An insider's view of a changing ecosystem: the music industry circa 2005 ». J’ai bien hâte.

Quelques nouveautés aussi, côté publishing. Je continue toujours de travailler les merveilleux catalogues de Xeum et Mlle Sane ainsi que celui, grandissant, d’Emilie Chick. Je vais également bientôt dévoiler une liste de compositeurs avec lesquels je collabore plus ponctuellement pour des projets atypiques mais bien précis. J'ai un objectif de diversification dont je vous parlerai prochainement… Désolée si ça reste encore un peu mystérieux mais c'est pour que le résultat soit du meilleur effet.

Attendez-vous aussi au retour d'une soirée "Unicum & Friends". Après le succès de la première qui avait eu lieu à l'International le 29 avril dernier, (Carosel, Mlle Sane et Emilie Chick étaient à l'affiche et la soirée s'était terminée sur un parfait DJ set d'Anders du Mellotron), je compte bien en refaire une en 2013, avec un line-up tout aussi bon. A suivre...

Enfin, avec Maud de La Bise Fraîche, on a décidé de s'associer pour monter une petite agence toute légère (mais fort efficace) que nous lancerons courant du mois de janvier. On nous a toutes les deux fréquemment demandé des conseils sur les réseaux sociaux ainsi que la présence d'artistes et/ou de marques sur les internets, il y a donc fort à faire. Plus d'infos très bientôt.

J'ai aussi mes activités parallèles ici et , mais c'est encore autre chose et elles n'ont pas vocation a être abordées plus que cela ici.

Voilà, donc. Une année fort riche se termine, la suivante s'annonce trépidante

J'ai bien de la chance de travailler avec des artistes aussi talentueux qui s'avèrent être de vraies crèmes au quotidien.

MERCI et VIVE EUX!  

22 Aug 2012

Idiotie #4 or Just a thought...

This is a little stream of consciousness I wrote down upon waking up one morning a good eight months ago. Many things have changed since in the industry, but as I stumbled upon it tonight I thought I might as well post it. The metaphor still seems valid on some points to me. Thoughts?

I believe there will always be value in creation. What is constantly changing is the place along the line of the creative process where it sits and gets monetised. Conception? Production? Commercialisation? Derivatives? Patents & rights?

Applied to the music industry, it is like a planet with its satellites. The artist is the planet at the centre of the universe and the satellites revolving around it are the artist's differents outlets and revenue streams. Some satellites are well know to us: albums, live shows, publishing rights, synch rights, apps, merchandising etc... If you look at the existing satellites, some are bigger than others. Some satellites have not been discovered yet.. but the researchers on the artist planet are investing time and money to find them. 

Problems start when a satellite gets so big that it convinces itself and researchers it is the real (new) centre of the universe and hence starts acting in a way that the population on the artist planet as well as all the smaller satellites believe they are doomed without it. It starts making unreasonable demands. Accentuates its leading position. The artist planet and the other satellites hand the big satellite the driving wheel. 

Nearly the whole artist population actually left their planet at one point to go and live on the big satellite, moving all their stuff there. But the whole universe forgot that they could only live as long as the artist planet was healthy enough to continue feeding its satellites. Even the biggest one.

One day though, something went terribly wrong. Noone realised it at first but the big satellite created a monster that transformed into a meteor that came back to hit them hard. So hard that the big satellite started dying.

Panic across the universe. Apocalyptic prophecies. For too long, the universe was over-dependent on the biggest satellite. To the point when change was needed, they were all completely at loss as to what to do.

So everyone in the universe started running frantically around claiming they'd found the solution. They'd select some short-term criteria and based on that, decide which satellite was the best/healthiest for everyone to move there! It sounded great, but it was only moving the problem to a different place and not learning from their initial mistakes.

Satellites appear and die. They are necessary to the artist planet but with it, they also dwindle. The temptaion to consider a temporary state of affairs (and rapports de force) as permanent is understandably strong indeed and can work in the short term. But when change comes along, the cracks appear fast. This is what happened with albums, this is what started happen with live shows, ringtones, this is what could happen with publishing rights, apps, streaming etc...

Even if it is understandable, we tend to consider what was valid and worked for our parents' generation could also work for ours. But because of this generational habit and bias, we forget how vital it is that the centre of the universe stay the artist's planet. Like a radar control tower, artists can and should monitor what revenue streams/satellites they want/need to priviledge at a particular moment of their career to continue creating.

The day the frame of mind migrates to one of these satellites, the artist planet and the whole universe around it changes its axis as well as its approach to discovering new satellites for future survival...is this really a good thing?

Then again, things are changing faster than we know. I guess it's more of a case of each and everyone of us adapting to each artist's situation and keeping an open mind rather than fixating on finding the one business model for all. Time will tell...

9 Nov 2011

'Tis time artists took the center-stage of the music business again

It's funny that. The way everyone is obsessed with the monetisation of music. Or content in general, if you prefer. I'm not saying it's wrong. But the focus is such that it takes content for granted. As if it was something that just self-generated out of nowhere. Abracadabra! Here you go: content! More content! Thousands, millions, billions of it, hurray!

And for sure, there is so much of it wizzing around us that we would not have enough of a (long) lifetime to "watch-it-hear-it-touch-it-read-it-love-it-hate-it-and-digest-it".


We've entered an era where it's raining content to the point no one really has the time to sort out what is qualitative or time-wasting, original or duplicate, popular or viral.

It's also not so much about 'art' anymore, rather than 'content'. "How / how much / how often / do 'users' 'consume' it?" While distribution used to be a means, now it is the end, whereas content is increasingly a means to an end, not the other way around anymore, with the underlying recurrent question of its ROI.

And social networks have accelerated that. Watching Facebook's F8 conference livestream back in september, someone tweeted it was all about the distributors, not the creators. How true. (Apologies for not finding that person to link back to).

Some people will object that the music business is, on the contrary, still very focused on content. In a certain way, I agree. But I feel it focuses on content for the wrong reasons.
...Could it be this industry has been neglecting its creators, its artists...its own source?

The shift to digital and the dematerialisation of music has created many incredible opportunities with the emergence of new players, facilitators that became moguls like Youtube, Google, and Facebook, only to name a few. They definitely helped give artists control back over their career and create new ways around the glass ceilings many of them were having trouble getting past.

The downsides however were the devaluation of content and its dilution, as its production increased and its sharing accelerated. Today, the new moguls have captured the shift of value from content to distribution and are healthily feeding off content their creators are the last ones getting paid for.

The value of content/art need to be restored and its monetisation reassesseed. Or the music business faces the risk of increased impoverishment and ensuing decline in overall quality, with artists incapable of living of their craft anymore (some consider this has already happened, but that is a whole other debate).

So how do we achieve this? All roads lead to Rome but the main one from which all the others proceed is just a simple yet major mindshift.

Artists need to take the center-stage of the music business again. 
(Not just in real life concerts or on our television screens.)

C e n t e r - s t a g e . 

The music business stems from the artist.
It should translate behind the scenes too. 

Pulling the strings. Effectively voicing their concerns.
Negotiating in their own interests. Deciding from their own perspective.

Artists should be properly and fully empowered.

They should be deciding who they want to work with and knowing exactly why. Not just artistically (ie choosing the producer, mixer, arranger and A&R person). Many already do. But business-wise too. That starts with the choice of their manager, their lawyer, accountant, label, publisher, booker/promoter. And knowing what they are expecting out of each of them. Just like an CEO and HR Director of their own little start-up.

And why shouldn't they? They were the first who fully understood the industry was changing and how much more they had to and could do themselves. Still (or should I say, even more so) today, artists are the first ones investing, looking to raise funds and taking the financial risks to start their music career so as to be in a position to interest the professionals who will help them get to the next level. And this, before any of them come in, manager and booker included.

I am not saying this means asking or even expecting artists to do everything themselves. Creating, writing, composing, performing are full time jobs. Only, artist development (discovery, promotion,  strategies and sales) should first and foremost stem from the artists: their music, their influences, their personality, their visual world, their own little bubble. Not the other way around. It is the only golden rule we, the artists' partners, should never lose sight of.

The Featured Artists Coalition (F.A.C.) in the UK launched 3 years ago and have done a wonderful job at voicing just that. For the moment their main focus has understandably been on artists' relationship with labels but the way they have organised themselves and the constructive yet firm approach they have adopted with their various partners is both promising and inspiring.

Putting the artists back at the heart of the system is very probably the only way we can save it. There is a long journey ahead before the mind-shift operates and all businesses monetising content and art are thinking from an artist-centric point of view.

It's now up to artists' traditionnal, recent and future partners to decide if they are willing to go there. Tech companies in particular can continue feeding off the beast for a long time or choose to become a constructive and innovative key partner for artists and foster a win-win relationship. Not just on a case by case basis, rather as a community. And artists need to federate to make this happen too. The future is an open field of opportunity for everyone involved. And a mighty exciting one, too.


- Portishead "Glory Box"

6 Mar 2011

MIDEM 2011 - OK Go


Well, considering how long ago the previous post was, I'm sure you had already noticed but in all honesty, after day 2 of MIDEM I just didn't get a minute to write. Plain got caught in the whirlwind of controversial conferences to attend (good), meetings that just stormed my agenda (like) and wonderful people that hasard/destiny/whatever-you-wish-to-call-it put on my path (you know who you are).

One particularly good thing that turned up came from France Inter, one of France's biggest national radios (4 million listeners), who wanted to interview OK Go about how they work with brands. The interview ended up being a very broad approach to the subject, also mentioning Yael Naïm, Pharrell Williams and Jacques Séguéla, France's most famous advertising guru (and co-founder of RSCG now part of EURO-RSCG), and including the most general quote of our discussion, chosen over all the interesting aspects of the question covered by Mike Rosenthal (OK Go's label manager) in that radio room. As the topic was 100% in French, I'm switching languages now - if you don't speak it, er- well you can always learn pretty quick, right?!


DANS LES COULISSES DU SUJET DIFFUSE SUR FRANCE INTER
Je bascule en Français pour ceux d'entre vous qui ont entendu le sujet "Artistes & Marques" d'Isabel Pasquier sur France Inter mercredi 26 janvier au matin dans le Grand Journal. Si vous l'avez raté, vous pouvez l'écouter ici.


Il y a effectivement une tendance croissante pour un certain nombre de groupes ou d'artistes aujourd'hui à sortir du schéma habituel de la sortie d'album suivie d'une la tournée derrière. Cela varie aussi fortement en fonction de la notoriété de l'artiste mais dans l'ensemble le phénomène s'amplifie.

Du fait des contraintes qu'imposait forcément le format (durée ou traitement) d'un reportage pour le journal d'info de 8h sur une chaîne nationale, surtout dans la mesure où il fallait initier l'audience à un phénomène relativement (?) nouveau, le sujet d'Isabel Pasquier ne pouvait que constituer une très belle introduction à la question.

C'est pourquoi je me suis dit qu'il ne serait pas inintéressant de partager avec vous les questions principales que nous avons abordés en "off" de l'interview et auxquelles Mike Rosenthal, le label manager d'OK Go, a répondu.

[NDLR : en préambule, il faut savoir que les amis, les personnes avec qui les membres du groupe parlent et échangent en permanence sont moins d'autres groupes de rock que des designers, des ingénieurs de la NASA, des plasticiens, des développeurs web etc...

Ensuite, ils sont très engagés sur les questions de neutralité du net, qu'ils ont défendu au Congrès Américain dès 2008 et qu'ils ont rappelé dans leur "5-word-thank-you-speech" lors de la remise de leur Webby Awards l'année dernière. 

Damian Kulash, le chanteur du groupe, s'est spécialisé en "Sémiotique des Arts" à Brown University et Andy Ross, le guitariste, est diplômé en "Computer Science" de Columbia et programme encore activement pour opencongress.org (entre autres).  

Tout cela a forcément un impact sur leur manière de concevoir leur art et d'exprimer leur créativité et ceci explique la place unique d'OK Go dans le paysage musical et artistique.

En plus de cela, son énorme base fan très réactive et la viralité extrême des vidéos du groupe, toutes plus inattendues les unes que les autres, sont des atouts qui intéressent et attirent forcément les marques désireuses de capitaliser dessus et/ou d'y être associées dans l'esprit des gens.]


Comment les marques travaillent-elles avec OK Go? Le groupe les contacte-t-il une par une pour demander des financements en amont?

MR : La force d'OK Go aujourd'hui, surtout aux Etats-Unis, est d'être tellement identifiés comme ayant une approche créative et pluri-disciplinaire que le processus est plutôt l'inverse. Le groupe avance sur toutes les idées qui lui plaisent en toute indépendance. Les marques approchent le groupe pour savoir s'ils pourraient s'associer à eux d'une manière ou d'une autre, et OK Go leur présente la liste des projets sur lesquels ils sont en train de travailler et ils décident ensemble ce qui serait le plus intéressant pour les deux parties.


Une fois que la discussion est amorcée entre OK Go et la marque sur un projet particulier, le groupe est-il obligé d'accepter certaines conditions artistiques ou de contrepartie "publicitaire" contraires à ce qu'ils avaient envisagé ou auraient a priori accepté?

MR: La grande chance d'OK Go est que non. Le mode de fonctionnement entre le groupe et la marque souhaitant s'associer à un projet particulier relève plus du partenariat que du sponsoring pur. Ainsi, il est arrivé que certaines collaborations n'aboutissent pas lorsque les demandes de la marque (intervention sur le processus créatif ou désaccord sur le type de visibilité demandée) leur paraissaient trop éloignées de l'esprit dans lequel ils voulaient réaliser leur projet. A titre d'exemple de collaboration réussie avec une marque qui avait compris cela : le 2ème clip de "This Too Shall Pass", où State Farm, une grosse compagnie d'assurances américaine, a financé le clip et juste demandé à être créditée à la fin.



Peut-on considérer aujourd'hui qu'OK Go est une marque ?

MR: A partir de la vidéo de "Here It Goes Again" qui était la 2ème du genre après "A Million Ways", OK Go a explosé et ses clips ont été si souvment repris que le public les a identifiés comme étant leur marque de fabrique. Mais OK Go n'a jamais voulu se réduire à cela, et Damian Kulash l'a toujours dit, le groupe est bien plus que cela, leur objectif est de se donner les moyens de continuer "to make cool stuff" sans aucune limite de genre ou de domaine artistique, scientifique, humanitaire, technologique... 
Aujourd'hui, OK Go est le groupe qui incarne la créativité sous ses formes les plus diverses, pas juste musicale. Ce n'est pas un hasard si Damian Kulash a été invité au MIDEM 2011 pour parler justement de cela. Encore plus qu'un objectif ou une ambition, c'est une envie très forte d'innover et de se faire plaisir.


Quelles sont leurs sources principales de revenus aujourd'hui : le disque, les tournées ou autre chose?

MR : Le disque n'est qu'une petite part de leurs revenus. Les millions de vues des clips sur internet génèrent des droits d'auteurs et ils ont beaucoup tourné ces 2-3 dernières années (31 mois de tournée en 3 ans sur tous les continents), mais les revenus du live et des vidéos ne sont pas leur plus grande source de revenus pour autant. Le groupe utilise essentiellement ses vidéos pour se promouvoir. OK Go détient ses droits d'édition donc ses revenus proviennent majoritairement du "licensing", la synchronisation de leurs titres qui sont régulièrement et exhaustivement utilisés dans des séries télé ou publicités à très large audience. [NDLR: la liste des synchros est exhaustive, mais les plus notables seraient des pubs NikeApple et Bing, pour les séries télévisées: One Tree Hill ("Les Frères Scott" en France), ....]

Si vous ne connaissez pas encore OK Go et voulez les découvrir, voici tous leurs liens : Leur site / Ecouter leur musique / Chaîne Youtube / Twitter / Facebook
Bonne écoute!